Les fibres textiles : le coton

1 décembre 2014 Publié par Emilie
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coton: culture et production

Pour la petite histoire, le coton, fibre textile d’origine végétale, est cultivé depuis des milliers d’années dans les régions tropicales, essentiellement d’Amérique latine et d’Inde. Des traces datant d’il y a plus de 7000 ans en ont ainsi été retrouvées au Mexique.

La culture du coton s’est évidemment décuplée avec la révolution industrielle et l’invention des machines, qui en ont permis le traitement à une échelle industrielle. Sa récolte, très délicate donc beaucoup plus difficile à industrialiser, a malheureusement conduit à cette même époque, à l’intensification fulgurante de la traite des noirs. Bien que l’esclavage ait été aboli dans la grande majorité des Etats du monde, la récolte du coton a néanmoins continué de contraindre un grand nombre de travailleurs dans une forme d’esclavagisme moderne.

La culture du coton aujourd’hui

A lui seul, le coton représente 37% de la production mondiale de fibres textiles et l’écrasante majorité de celle de fibres d’origine naturelle. 25,5 millions de tonnes en sont produites chaque année, malgré la tendance à la raréfaction des surfaces de culture, qui représentent tout de même 2 à 3% des terres cultivées sur la planète.

Les principaux producteurs de coton sont les pays d’Asie du Sud-Est au premier rang desquels la Chine et l’Inde, ainsi que les Etats-Unis d’Amérique.

Depuis quelques années, les cotons génétiquement modifiés occupent environ le quart des surfaces cultivées dans le monde et représentent vraisemblablement le tiers de la production mondiale. Leur culture est aujourd’hui autorisée dans la plupart des grands pays producteurs que sont la Chine, les Etats-Unis d’Amérique, l’Australie, l’Inde et le Brésil, ce dernier l’ayant par exemple approuvée depuis 2006.

En revanche et malgré une très forte croissance de sa culture depuis une dizaine d’années, le coton biologique représente toujours moins d’1% de la production mondiale.

Les propriétés du coton

L’importance de sa production s’explique par le fait que le coton est très apprécié à la fois de l’industrie textile et des consommateurs. Il est en effet peu couteux puisque facile à produire, et donne un tissu hypoallergénique, doux et agréable, isolant, absorbant et qui supporte bien la chaleur. De plus, les tissus fabriqués à partir du coton ne posent aucun problème particulier d’entretien et se repassent relativement facilement.

fleur de coton

Les enjeux sociaux et environnementaux du coton

En dépit de ces avantages, la production de tissus à base de coton a un impact très négatif sur l’environnement. Bien qu’elle n’utilise que 2 à 3% de la surface agricole, la culture du coton reste ainsi très consommatrice en eau et produits chimiques, en utilisant par exemple 25% environ de la production mondiale de pesticides.

En outre, la teinture du coton requiert souvent l’emploi de métaux lourds toxiques comme le plomb ou le chrome. Les procédés chimiques utilisés sont d’ailleurs à l’origine d’1 million d’intoxications chaque année qui provoquent plus de 20 000 décès.

A titre d’exemple, les procédés de production d’un seul T-shirt en coton consomment en moyenne 25 000 litres d’eau et émettraient 5,2 kg de CO2, soit autant que 27 kms en avion !

 

Enfin, la récolte des fleurs de coton fait travailler hommes, femmes et enfants dans des conditions parfois semblables à de l’esclavage, sans parler de l’environnement de travail dans les ateliers de confection des pays émergents, environnement que l’on déplore du reste quelle que soit la fibre textile utilisée.

A l’évidence, favoriser une production écologique d’un coton biologique, le cas échéant dans le cadre d’un commerce équitable, est plus que jamais essentiel, d’autant plus que le coton biologique donne un tissu encore plus souple, plus doux et plus agréable à porter que le coton traditionnel. Quoi qu’il en soit, le recyclage reste déterminant pour réduire l’impact de la production de coton sur l’environnement. En effet, quelle que soit la façon dont elle a été produite, réutiliser de la matière déjà existante est de toute façon plus écologique que de produire une nouvelle matière, y compris si celle-ci est cultivée de manière biologique.

Vous aurez peut-être déjà repéré, parmi les marques répertoriées sur Dressing Responsable, celles dont certains des vêtement portent un label, par exemple celui du Global Organic Textile Standard (GOTS), garant d’une fabrication à base de coton biologique et suivant des procédés écologiques.

label coton bio GOTS

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