Les fibres textiles : la laine

10 février 2015 Publié par Emilie
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La laine

Tondre des moutons pour obtenir de la laine est une pratique très ancienne : les premières traces de son utilisation comme fibre textile remontent en effet à l’âge de bronze, vers 1600/1500 avant Jésus Christ dans les pays du Nord de l’Europe. Elle était en outre utilisée et commercialisée pendant l’Antiquité méditerranéenne.

Par la suite, l’essor de la draperie au Xème siècle a entraîné la production de différentes sortes de tissus de laine et contribué au redémarrage économique de l’Occident. L’activité textile se concentre alors dans quelques centres tels que la Flandre à partir du XIème siècle, la région de Bruxelles et l’Italie du Nord dès le XIIIème siècle ou l’Angleterre au XIVème siècle.

La laine

Jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, la production de laine et de son principal dérivé, le drap, fut ainsi la principale activité textile en Europe.

La production de laine aujourd’hui

2,1 millions de tonnes de laine sont produits chaque année à partir du milliard de moutons actuellement en élevage dans le monde. La part de la laine dans la production mondiale de fibres textiles ne représente néanmoins qu’environ 1,7%, celle-ci étant remplacée par des fibres synthétiques, moins chères. La laine est devenue une fibre noble utilisée pour des produits de moyenne et haute gamme. L’Australie est le plus gros producteur avec environ 20% de la production mondiale. La Chine, la Nouvelle Zélande, le Royaume-Uni, l’Argentine et l’Iran sont également des pays producteurs de laine.

La laine

Les propriétés de la laine

La laine est principalement utilisée pour ses propriétés d’isolant thermique, protégeant très bien du froid grâce notamment, à sa capacité à ralentir le passage de l’air. Elle est également dotée de propriétés exceptionnelles de régulation et de transfert de l’humidité, en ce qu’elle peut accumuler un tiers de son poids en vapeur d’eau sans aucune sensation de moiteur pour celui qui la porte.

Il existe différents types de laine selon l’animal qui la produit, comme par exemple :
● la laine mérinos, issue du mouton éponyme. Elle est la plus produite et, par conséquent, la moins chère ;
● la laine angora, issue du lapin aux poils très longs du même nom ;
● la laine mohair, issue d’une chèvre aux poils très fins ;
● la laine alpaga, issue de ce mammifère de la cordillère des Andes (Amérique du Sud) appartenant à la même famille que le lama ;
● la laine cachemire, issue d’une chèvre provenant de la région du même nom, à cheval entre l’Inde, le Pakistan et la Chine.

Alpaga
Alpaga

Les enjeux sociaux et environnementaux de la laine

D’une manière générale, les enjeux de la production de laine sont inhérents aux problématiques de l’élevage. De nombreux rapports des acteurs de la protection de l’environnement affirment en effet que l’élevage est l’une des causes principales des problèmes environnementaux les plus pressants tels que le réchauffement de la planète, la dégradation des sols, la pollution de l’atmosphère et des eaux, ou encore la perte de biodiversité. Bien que beaucoup moins médiatisé que d’autres sources de pollutions, l’élevage serait tout de même responsable, selon un rapport de la Food & Agriculture Organization, de 18% des émissions des gaz à effet de serre, soit plus que les transports ! Autre donnée peu connue, la quantité, en constante augmentation, d’animaux destinés à la consommation représente un péril pour la biodiversité de la Terre. Les animaux d’élevage constituent environ 20% de la biomasse animale terrestre totale et les espaces qu’ils occupent aujourd’hui étaient autrefois naturellement destinés à l’habitat de la faune sauvage. Dans près de la moitié des écorégions terrestres identifiées par le Fonds mondial pour la nature (WWF), les animaux de ferme sont ainsi identifiés comme « une menace ».

En outre, la production de laine conventionnelle requière l’utilisation de pesticides. Les moutons d’élevage sont plus précisément traités avec des insecticides (soit par injection, soit par immersion dans un bain) afin de prévenir les infections du troupeau mais qui peuvent cependant s’avérer néfastes pour l’Homme et l’environnement. Son alternative écologique, la laine biologique, provient au contraire de moutons soignés sans produits chimiques et élevés à la nourriture biologique sur des terres non traitées aux pesticides.

Enfin, il convient également de souligner que les conditions d’élevage des animaux peuvent être très différentes d’un pays à l’autre et s’avérer particulièrement atroces. Privilégier des marques transparentes sur la provenance de la matière première est ainsi la meilleure façon d’éviter d’acheter des vêtements issus d’animaux maltraités.

Pelotes de laine

Pour aller plus loin:
La mode végane est-elle plus écologique?

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6 commentaires

  • Encore un super article, tu nous gâtes là ! Mon Fou vert a déniché une petite enseigne familiale (8 boutiques en France tenues par les frères et cousins), qui crée et fabrique ces collections entre la France, l’Italie et la Turquie (c’est déjà pas mal !) et leur laine vient d’italie, Bogosesia exactement. J’ai fait des recherches pour en savoir plus sur leurs élevages et les conditions de vie des animaux mais je n’ai rien trouvé..Alors si jamais tu as des infos ou des liens utiles, je prends !

    • Emilie says:

      Ce qui rend la tâche difficile, c’est justement qu’il est quasiment impossible de vérifier ces choses-là si la marque ne fait pas l’effort d’être transparente. Et très rares sont les marques qui maîtrisent complètement leur chaîne de production et qui sont complètement transparentes. Mais d’expérience, si tu leur poses la question, la plupart des marques responsables te répondront sur le sujet.

  • Anne says:

    J’ai une maman qui tricote beaucoup, j’avoue que je ne m’étais jamais posé cette question… merci!

  • Les infos ici sur cette page sont bien intéressantes. J’ai vraiment bien aimé, un article qui est bien écrit et nous permet d’en savoir un peu plus sur le sujet. Bien vu !
    Amandine Luong / MELTY.FR

  • Man Jane says:

    Hello , merci pour ce très bon sujet . Il est devenue rare de notre temps de tombé sur ce genre de sujet aussi bien expliqué . Pour une fois j’en ai appris beaucoup ce soir . Merci beaucoup et bonne chance pour la suite . J’échangerais ce dernier à des amis curieux .

  • ingrid says:

    Je me suis remise au tricot et j’achète de la laine éco-responsable chez de Rerum natura. Finalement, je trouve cela très bien : je mets 1 mois et demi pour tricoter un pull (le soir devant ma série préférée…), il durera longtemps et ne me coûte pas trop cher ! Ça me permet d’être moins regardante sur le prix de baskets vegan ou de vêtements éthiques.

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